Imaginez un bureau sans murs, où le seul bruit est le clapotis de l’eau et le cri des oiseaux migrateurs…
Pour Martial Baraud, 55 ans, ce n’est plus un rêve, mais son quotidien depuis le 9 avril 2026. Après une carrière passée à affronter les courants de la Loire et de la Vilaine, ce passionné vient de « jeter l’ancre » sur le lac de Grand-Lieu et rejoindre les 6 autres pêcheurs professionnels de ce lieu unique.
« C’est le plus beau bureau du monde » confie-t-il avec fierté. Il y voit des paysages et des scènes de vie sauvage que peu de personnes ont la chance d’observer.
Plongez dans le quotidien de ce passionné qui a choisi de délaisser le tumulte des fleuves pour la sérénité du lac, afin de vivre son métier au plus près de ses racines…
Un destin lié à l’eau
Originaire du Pellerin, Martial a toujours eu l’âme d’un marin. Enfant, il passait déjà ses journées à pêcher dans le port pour occuper son temps libre. Après des études maritimes et un bref passage en tant que marin de commerce – une expérience qui lui a vite fait comprendre que le côté industriel n’était pas fait pour lui – il devient marin-pêcheur à seulement 17 ans. A 20 ans, il achète son propre bateau et s’établit comme professionnel.
Son parcours l’a mené de la Loire à la Vilaine, où il a dû faire face à la rudesse du métier : dormir dans son camion et protéger ses filets contre le vol et la jalousie.
Le retour aux sources à Grand-Lieu
Martial récupère la zone de pêche de David Lefort, le pêcheur malheureusement décédé l’année dernière et tombe amoureux du calme et de la tranquillité du lac : ici, pas de navigations de plaisance, pas de contraintes de pêche à la ligne, juste le silence.
L’obtention de cette licence est plus qu’une opportunité professionnelle, c’est un honneur personnel. Martial a récemment découvert que sa famille vivait sur ces terres autrefois. Habitant à Pont-Saint-Martin, il travaille désormais « à la maison ».
Un métier de passion et de proximité
Malgré la beauté du cadre, le lac de Grand-Lieu impose ses propres défis. Sa vaste étendue a nécessité un temps d’adaptation, tout comme le matériel, très spécifique à ce milieu. Pour s’adapter aux cycles saisonniers, Martial conserve une licence pour la civelle en Loire durant l’hiver, tout en ayant transmis sa licence de la Vilaine à un jeune qu’il a lui-même formé.
Aujourd’hui, il mise sur le local et fournit principalement les poissonniers et restaurateurs du coin.
Malgré la difficulté de la profession, Martial Baraud ne changerait de place pour rien au monde. Passionné, il aime par-dessus tout partager son métier et parler de ce lac sur lequel il travaille avec respect.
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